#Gabon: Déclaration du Front de l’opposition sur l’affaire Ali Bongo Ondimba (livre de Pierre Péan)

Déclaration du FRONT

Libreville, le 09 novembre 2014

Gabonaises, Gabonais, Chers Compatriotes,

Depuis la constitution du Front de l’opposition pour l’Alternance (le FRONT), le 19 juillet 2014, ses membres s’organisent et suivent attentivement et au jour le jour l’évolution de la situation politique, économique, sociale et culturelle de notre pays.

A la suite du coup d’Etat électoral de 2009, qui a généré la crise de légitimité, la vie du pays est ponctuée par des grèves chroniques dans tous les secteurs, notamment dans l’enseignement, la santé, l’habitat, la fonction publique, les affaires sociales, signes d’un malaise social généralisé qui conduit inexorablement le Gabon à l’implosion. C’est dans ce contexte de tensions que paraît le livre « Nouvelles Affaires Africaines, Mensonges et Pillage du Gabon » de Pierre Péan, après ses précédents ouvrages : « l’Emir d’Afrique » en 1982 et « Affaires Africaines » en 1983. Ces trois ouvrages apportent des preuves incontestables sur le pillage du Gabon et l’identité réelle d’Ali Bongo Ondimba, arrivé à la tête de l’Etat par effraction. Ils attestent qu’Ali Bongo n’est ni le fils de sang d’Omar Bongo ni celui de Joséphine Kama.

La démonstration de M. Péan, journaliste d’investigation français, étayée par une longue enquête menée au Gabon, au Congo Brazzaville, et en France et renforcée par de nombreuses pièces à conviction, corrobore désormais les deux plaintes, classées sans suite, déposées au Tribunal de Libreville. Elle donne ainsi raison au recours pour inéligibilité introduit auprès de la Cour Constitutionnelle, lors de l’élection présidentielle de 2009, par l’un des candidats, Luc Bengone Nsi, membre du Front pour l’Alternance au Gabon.

Ces révélations confortent l’engagement du FRONT, exprimé le 19 juillet 2014, à porter l’affaire devant les tribunaux nationaux et internationaux.

Gabonaises, Gabonais, Chers Compatriotes,

La situation que nous vivons aujourd’hui part d’un complot ourdi par Ali Bongo et exécuté, à l’époque, par le Ministre de l’Intérieur, le Président de la CENAP, le Président de la Cour Constitutionnelle.

En effet, alors que bruissent à Libreville des rumeurs sur ses origines étrangères, Ali Bongo Ondimba tente, le 24 avril 2009, de démontrer sans preuve aucune sa filiation consanguine avec Omar Bongo Ondimba et Joséphine Kama. Cette dernière se fendra, de son côté, dans le même temps, d’une déclaration à la télévision pour nous faire avaler l’histoire de son accouchement d’Alain Bongo, par césarienne à Brazzaville, en 1959. A cette époque, la césarienne, on le sait, ne s’y pratiquait pas.

Dans tous les cas, les Gabonais exigent la présentation de l’acte de naissance ou jugement supplétif d’acte de naissance d’Alain Bongo, né à Brazzaville, en 1959, d’Albert Bongo et de Joséphine Kama. Brazzaville, à l’époque, capitale non seulement de l’Afrique Equatoriale Française mais aussi du territoire du Moyen Congo. Le Président des Etats-Unis, confronté à la même difficulté, au début de son mandat, n’a pas hésité à montrer au peuple américain son acte de naissance. Les Gabonais n’ont, donc, pas besoin de témoignages insipides et hors sujet de telle ou telle autre famille bien connue. C’est peine perdue.

Cette sortie d’Ali Bongo Ondimba, le 24 avril 2009 n’était pas fortuite. Du reste, proche parmi les proches, Ministre de la Défense, connaissant le niveau de l’état de santé du président Omar Bongo, Ali Bongo Ondimba, profitant de son absence, entreprendra de se faire établir un faux acte de naissance, le 29 mai 2009, à la mairie du 3ème arrondissement de Libreville, sachant que ses origines étrangères ne pouvaient lui permettre de briguer le fauteuil présidentiel, au regard des dispositions de l’article 10, alinéa 3 de la Constitution qui dispose : « Toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se présenter comme candidat à la présidence de la République. Seule sa descendance ayant demeuré sans discontinuité au Gabon le peut, à partir de la quatrième génération. » Il y a donc lieu de s’interroger et d’interroger la CNE devenue la CENAP, la Cour Constitutionnelle, sur la fiabilité des différents dossiers présentés par Ali Bongo aux élections législatives des années 1990, 1996, 2001 et 2006 dans le département de la Djouori Agnili.

Il est bon de rappeler que le respect des dispositions de la Constitution est une exigence qui s’impose à tous sans exception aucune et que les récents évènements du Burkina Faso doivent interpeller la conscience des tripatouilleurs et transgresseurs patentés de la Constitution de notre pays.

Gabonaises, Gabonais, Chers Compatriotes,

La preuve est ainsi faite que la mairie du 3ème arrondissement de Libreville qui a fabriqué le faux acte de naissance, le PDG qui a présenté la candidature d’Ali Bongo Ondimba, la CENAP et la Cour Constitutionnelle qui ont validé le faux acte de naissance d’Ali Bongo Ondimba, ont, tous, cautionné la forfaiture et participé au complot qui a entrainé le coup d’Etat électoral du 3 septembre 2009. Ils deviennent ainsi ses complices devant Dieu, devant l’Histoire et devant tous les Gabonais en officialisant, l’une après l’autre, toutes les candidatures d’Ali Bongo tant à la députation qu’à la Présidence de la République.

Le serment prêté sur la Constitution en 2009 par Ali Bongo Ondimba est donc une forfaiture préméditée, un parjure particulièrement grave, une haute trahison qui vaut condamnation par la Haute Cour de Justice, conformément aux dispositions de l’article 78 de la Constitution.

Affolée et volant au secours de son frère, Pascaline Mferri Bongo est descendue du haut de sa caravane pour nous confirmer, avec arrogance et mépris, que son père, Omar Bongo Ondimba, était « la maternité allaitante », son frère Ali et elle-même, les panthères-gardiennes du temple.

Le Front rappelle à Pascaline Mferri Bongo que le Gabon ne se réduit pas à la famille Bongo, que « la maternité allaitante » est le sceau de la République, symbole du Gabon et de ses richesses.

Quant aux panthères, dans les armoiries de la République, elles sont le symbole de la souveraineté du peuple gabonais. Elles ne peuvent, en aucun cas, représenter deux individus : Pascaline Mferri Bongo et Ali Bongo Ondimba.

En redéfinissant les symboles de la République, en se les attribuant alors qu’il est connu de tous qu’ils ont été adoptés avant l’accession d’Albert Bernard Bongo au pouvoir, Pascaline Mferri Bongo s’arroge la souveraineté nationale, en violation de l’article 3 de la Constitution ; toutes choses qui sont de nature à mettre à mal la cohésion nationale en secouant durablement les fondements de l’Etat.

Le Front s’indigne des propos injurieux tenus par Pascaline Mferri Bongo qui dit «…nous avons été élevés par un père qui a dit « le chien aboie, la caravane passe.. » mais, cette fois-ci, mon frère, ma famille, nous disons « ça suffit ! » On va dire à la caravane de marquer le pas pour voir la qualité des chiens. Pour savoir ce qu’ils sont en train de dire… »

Ces « chiens » ne sont rien d’autres que les Gabonaises et les Gabonais que nous sommes. Il s’agit là de propos gravissimes que le FRONT ne peut accepter. Elle en portera la responsabilité avec son frère Ali Bongo.

Le livre de Pierre Péan vient confirmer qu’Ali Bongo Ondimba n’est qu’un faussaire, doublé d’un usurpateur, à la tête de l’Etat gabonais.

Gabonaises, Gabonais, Chers Compatriotes,

Traumatisé par les crimes rituels, appauvri par les détournements massifs opérés par Ali Bongo et sa « légion étrangère », humilié par l’amateurisme et l’incompétence des émergents, blessé dans son honneur et sa dignité par l’arrivée à la tête de l’Etat d’un usurpateur doublé d’un faussaire, choqué et indigné par la volonté manifeste de monarchisation de la République par Ali Bongo, le peuple gabonais doit aujourd’hui prendre ses responsabilités.

C’est pourquoi le FRONT appelle tous les Gabonais des quatre coins du pays, les villageois et les citadins, les partis et associations à caractère politique, la société civile, les syndicats, à se mettre debout pour, comme un seul homme, chasser du pouvoir Ali Bongo qui a fait du Gabon sa propriété privée.

Le FRONT invite les forces vives de la nation à marcher à ses côtés pour déposer jeudi 13 novembre 2014 la plainte du peuple gabonais devant les tribunaux nationaux et internationaux, pour que le faussaire soit jugé et condamné.

Par cet acte, le Front prend date.

Enfin, le FRONT annonce la tenue prochaine d’un grand meeting populaire dans le cadre des actions pour la libération du Gabon.

Je vous remercie.

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