#Gabon: Les Femmes disent NON, Ça Suffit Comme Ça!

Image

Déclaration des femmes gabonaises

 (Libreville, 16 Mai 2012)

Nous, filles, femmes, mères, « SENTINELLES DE L’AVENIR », dénonçons dans la douleur, la situation dramatique qui prévaut dans notre pays.

Des Gabonaises et Gabonais, enfants, adultes, jeunes et moins jeunes sont froidement et sauvagement assassinés puis mutilés à des fins fétichistes et bassement matérielles. Les auteurs et leurs commanditaires sont connus, mais ils ne sont pas poursuivis. Pire, ils sont même protégés et donc prêts à recommencer !

Les problèmes de notre système éducatif sont récurrents et s’aggravent d’année en année. En guise de réponse, l’université nationale est assiégée par les forces armées, et nos enfants sont battus, humiliés, torturés sous nos yeux. Les bourses des étudiants sont supprimées, alors qu’au gouvernement, au parlement et dans la haute administration, les fonds publics sont dilapidés. De surcroit, l’accès aux concours professionnels de l’éducation est inexplicablement fermé alors que la formation est encore assurée à 80% par des enseignants étrangers !

Dans le primaire et le secondaire, aucune nouvelle classe n’a été construite depuis 2009. Et pourtant, sous nos yeux, Ministres et Barons du régime dépensent des milliards et des milliards pour leurs petits plaisirs personnels.

Au quotidien, la vie est devenue un enfer :

•           Sous nos yeux, le kg de poisson est passé à 3 500 FCFA et le paquet de manioc à 2 500.

•           Au vu et au su de tout le monde de nombreux compatriotes se nourrissent à la décharge de Mindoubé.

•           Prendre le taxi est un luxe, et se déplacer dans la ville est un vrai parcours du combattant.

•           Des militaires en armes sont partout, ils rackettent et terrorisent les citoyens.

•           La moindre manifestation pacifique est violemment réprimée.

Les recrutements et nominations dans l’Administration civile et militaire sont plus arbitraires que jamais.

De brillants fonctionnaires sont persécutés et privés d’emploi et de salaires.

Les coupures intempestives d’électricité ont fait perdre des centaines d’appareils ménagers à des familles aux ressources plus que modestes, pendant ce temps, la SEEG distribue des dividendes à ses actionnaires.

Les marchés dans lesquels des milliers de femmes exerçaient pour faire vivre leurs familles sont complètement démantelés pour des raisons de spéculations immobilières : regardez qui rachète ces terrains !

Que dire des déguerpissements illicites qui ont privé, petits commerçants, locataires, propriétaires de leurs habitations et source de revenus ? Qu’a-t-on construit à la place ?

Les problèmes du système de santé sont connus de tous. Le CHL, et les hôpitaux provinciaux et départementaux sont devenus des mouroirs. Résultat : les morgues et autres maisons de pompes funèbres sont saturées.

(Photo: Salle d’accouchement du Centre hospitalier de Libreville)

Nous qui donnons la vie et qui devons la protéger, NOUS DEVONS REFUSER CE SILENCE COMPLICE !

Demain, nos enfants nous demanderons des comptes.

Disons NON à la mort programmée du Gabon qui se déroule sous nos yeux !

Mille fois NON !

Et s’il le faut, nous reviendrons encore et encore.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s