#Gabon: Le Président de l’Association de lutte contre les crimes rituels fait le point

Déclaration de Jean Elvis EBANG ONDO

Président de l’Association de Lutte Contre les Crimes Rituels au Gabon

(Libreville, le 9 mai 2012)

Mesdames, Messieurs,

Chers compatriotes

C’est au nom de l’ensemble des membres et sympathisants de l’Association de Lutte contre les Crimes Rituels (ALCR) et les ONG partenaires avec la bénédiction du Seigneur Jésus Christ, le Tout Puissant que je reprends la parole devant vous après un laps de temps de silence. Je voudrais d’abord remercier la presse qui a répondu massivement à notre appel en vue de la couverture médiatique de ce point de presse ainsi que les ONG et Associations partenaires.

Mesdames et Messieurs,

Si je reprends la parole aujourd’hui, c’est à la suite des derniers développements de l’actualité nationale en matière de crimes rituels dans notre pays. Nous devons intervenir car, notre lutte prend une tournure politique qu’il faut dénoncer.

Dénoncer les tournures politiques que prend le phénomène des crimes rituels

Nous sommes là parce que déterminés à faire valoir notre statut de citoyens de ce pays qui avance dans l’abîme : perte des valeurs. Nous sommes là par ce que nous sommes assoiffés de la justice. Nous sommes là parce que nous craignons le Seigneur Jésus Christ, qui est notre soutien et que nous devrons tous adorer. Nous sommes là pour dire la Vérité, cette vérité qui dérange. Nous sommes déterminés d’accomplir notre mission divine. (Ezéchiel, chap. 22).

Depuis le 3 mars 2005, nous parents victimes de ce phénomène indigne, souffrons d’avoir perdus nos proches. Nous ne souhaiterons pas que ce malheur vous arrive. Raison pour laquelle nous avons mis en place l’ALCR.

Nous avons mené des actions démocratiques : Marches pacifiques, conférences et points de presse, messes et cultes œcuméniques, dans les églises et les mosquées, des interviews, encadrements des élèves et étudiants dans leurs recherches, publié des livres, des plaidoyers voire des films documentaires etc. Ces actions non moins importantes viennent d’amener les autorités politiques du pays de se pencher sur ce dossier humanitaire.

Au lieu « de rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », nous constatons avec indignation la légèreté avec laquelle le dossier veut être traité.

L’ALCR reçoit des coups de fil discrètement pour livrer des renseignements sur le travail effectué au sujet des crimes rituels (statistiques, et documentation). Peut-on demander à un aveugle de tirer sur un singe perché sur un arbre ? A un célibataire de régler les conflits d’un couple ? Des gens qui confondent crimes et accidents. Nous disons NON !

Le Gabon est un pays où le cynisme est récompensé, où certains décideurs sont insouciants devant les progrès de l’humanité, à l’ère de la mondialisation. Un pays où la bonne gouvernance est le parent pauvre du Système. C’est une honte pour l’homme Gabonais !

Aucun député élu, n’a osé lever vigoureusement le tabou sur le sacrifice humain durant la campagne. Ces locataires du Palais Léon MBA, ont comme par le passé méprisé, banalisé la vie des citoyens qui soit disant sont leurs représentants. Ils ont catégoriquement oublié les corps qu’on ramasse régulièrement derrière leur palais, et au bord de mer, sur les rails d’Owendo, la petite forêt de Nzeng Ayong. Quelle diversion ! Voter une loi contre les crimes rituels sera une utopie dans les jours avenirs.

Il nous faut bien ce messie, ce parlementaire prêt à associer son nom à la lutte contre le crime rituel sous toutes ses formes ! Assurément, son nom passera à la postérité.

Les criminels rituels bénéficiant encore de l’impunité, et de leur immunité, agissent toujours dans : l’obscurité, la cupidité, la méchanceté, l’orgueil et la jalousie. (voir vidéo)

Depuis lundi 7 mai, la session criminelle se tient à Libreville, pour l’ALCR, ce n’est pas un évènement spécial car ce sont des sessions programmées chaque année par la cour d’appel. C’est une déformation de la pensée du Chef de l’État lors de son intervention devant son cabinet. D’une part, il parle de crime rituel et non crime de sang comme on le dit en conseil de Ministre, et d’autre part surtout il veut voir tous les commanditaires arrêtés et jugés devant loi « Nul n’est au-dessus de la loi » a-t-il conclu.

Nous félicitons le Président de la cour d’appel de Libreville qui a su mener les débats à tel point que l’un des auteurs ait pu dénoncer publiquement le nom du commanditaire : le Sénateur du KOMO KANGO. Nous attendons le reste des cas programmés.

Dénoncer une fois de plus la recrudescence des crimes rituels

L’ALCR a recensé de janvier à mai 2012 : 10 enfants, 7 femmes, et 15 hommes soit un total de 32 personnes et les commanditaires courent toujours. L’ALCR n’ayant pas de moyens pour couvrir les 9 provinces du Gabon, ce chiffre est un chiffre approximatif.

Le Chef de l’Etat, en réunissant les forces de sécurité et les membres du gouvernement de la République, le 10 avril 2012 s’est engagé de à mettre fin à ce fléau qui ternisse l’image du Gabon. Pour une fois, nous avons salué cette belle initiative en disant que nous n’avons pas prêché dans le désert.

Nous constatons avec regret la résistance à ces recommandations. Nous avons listé: 1 corps dans l’Ogooué Ivindo, Monsieur Ango’o Denis 42 ans, assassiné le 1er Mai 2012, jeté dans le fleuve Ivindo après prélèvement d’organes. Monsieur Laurent ZUE ALLOGHO MA retrouvé égorgé et décapité à Bitam, Monsieur le Révérend Pasteur de l’église évangélique du Gabon Monsieur Nze Ndong Beraud assassiné à Lambaréné le 5 mai et jeté dans l’eau. Le corps a été retrouvé le 8 mai 2012, la liste n’est pas exhaustive. Nous sommes las de voir les corps des citoyens décapités et jetés dans la nature sans que les coupables soient arrêtés et jugés. Pour un pays faiblement peuplé. Que faire ?

Monsieur le Président de la République, tant que les Gabonais ne verront pas les trois principaux acteurs coupables qui composent le réseau arrêtées et jugées publiquement, votre message n’aura pas d’effet. Cette chaîne est constituée du commanditaire, de l’assassin et du marabout. Malgré les beaux discours et promesses d’appliquer la loi, nos familles sont toujours endeuillées.

Peut-on construire une Nation où la culture de la mort se développe de plus en plus ? La méritocratie est exclue et remplacée par la vie facile ? Peut-on construire le pays où plus de 300 temples des loges, sectes et pratiques traditionnelles occultes démoniaques remplacent les bibliothèques dans les provinces ? Le moment est venu pour prier, et faire du Gabon un pays de Droit, de sortir notre Nation de l’injustice. Nous sommes venus aujourd’hui pour livrer ce message à l’endroit de ces « soit disant puissants citoyens» qui sacrifiés les innocents pour les biens de ce monde.

Après l’Ambassade des États-unis d’Amérique, nous remercions solennellement l’église catholique d’avoir accepté de travailler en partenariat avec nous depuis le 15 Janvier 2012 pour libérer le pays de cette boucherie humaine. Nous sommes prêts à élargir ce cercle pour recevoir et travailler avec toute personne morale qui a la crainte du Seigneur Jésus Christ. Ensemble, brisons cette culture maléfique « Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux. Un temps pour tuer, un temps pour guérir, un temps pour pleurer, un temps pour rire etc. » Ecclésiaste 3,1-3. Au nom de l’Amour universelle, ces crimes n’ont plus droit de cité chez nous.

Les crimes rituels : le droit à la vie est une priorité humanitaire

Nous avons brisé le tabou, dépassé la phase des constats par la dénonciation. Nous avons des propositions concrètes actuellement après sept ans de lutte pour mettre fin à ces pratiques si et seulement si elles sont retenues et appliquées sans rejet.

Pour donner une réponse à ceux qui paniquent dans l’ombre et qui nous sollicitent : Les vrais réponses sont entre vos mains. Arrêtez de nous distraire, de nous divertir.

C’est quoi les crimes rituels ?

Les crimes rituels sont définis comme « des pratiques, des techniques ou des procédés intentionnels visant du vivant de la victime à un prélèvement de certains de ses organes afin de puiser des forces cachées dans l’homme ou secrètes de la nature , du cosmos ; forces que les instruments de la science moderne ne peuvent ni mesurer, ni identifier et, qui ont pour conséquence des résultats empiriques, désirés ou provoqués, tels que l’acquisition soit d’un savoir touchant le cours commun des choses, soit d’un pouvoir les modifiant dans un sens qu’elles n’auraient pas eu autrement ».

Les pratiquants récupèrent les organes vitaux de la victime, appelés « pièces détachées » (sexe, langue, yeux, oreilles, cœur, et peau) pour les fétiches. Le sang retiré est but dans les temples. Ces organes sont censées offrir : jeunesse, santé, richesse, réussite surtout, honneur et pouvoir. Tout le monde est victime : blanc et noir, petit et grand, croyant et non croyant. Une nouvelle criminalité née du satanisme enraciné dans la sorcellerie politique.

Lorsque certaines personnalités parlent de crimes tout court, ou crimes de sang, nous disons NON ! Arrêtez de banaliser la vie. Il y a plusieurs sortes de crimes : les crimes politiques, économiques, les crimes passionnels, et les règlements de comptes. Pourquoi le mot rituel? Lors de leur cérémonie, les adeptes font des pratiques et accompagnent les gestes, les paroles ou les attitudes répétitives dont l’objet est d’orienter une force vers une action déterminée. Le qualificatif rituel est bien connu et employé par les Nations Unies. La spécialisation de lutter contre les crimes rituels est importante parce que : nous perdons nos valeurs.

Arrêtez de divertir la population par vos qualificatifs : crimes de sang, corps sans vie, corps non identifié, sacrifice humain, etc. Respectez la vie humaine, convertissez-vous.

Mesdames et Messieurs,

C’est par ces propos que je vais clore ma communication en demandant une fois de plus aux uns et aux autres de prier, jour et nuit car, la traversée du désert exige la foi, la persévérance et l’endurance. La lutte de l’ALCR est d’interpeller les autorités de respecter et de faire respecter les engagements signés et ou ratifiés en matière des droits de l’homme (le droit à la vie). Ces violations retardent le développement de notre jeune Nation.

Nous disons encore STOP AUX CRIMES RITUELS !

Ensemble unissons nos efforts, nos énergies pour préserver la vie de nos citoyens qui vivent dans la tourmente, et la psychose.

Que Dieu bénisse et libère notre pays des forces du Mal.

Je vous remercie de votre aimable attention.


Reportage sur les crimes rituels au Gabon (Canal Plus)

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